skip_to_content

Emilio López-Menchero

Espagne
09.03.2026 - 29.06.2026

Architecte de formation, Emilio López-Menchero développe depuis plusieurs décennies une pratique artistique transdisciplinaire. La peinture, le dessin, l'action performative, l'intervention urbaine, architecturale, la photographie, la bande dessinée, la vidéo et le son font partie de ses outils. Diplômé à La Cambre à Bruxelles, où il a notamment consacré son mémoire à Hans Hollein et l'architecture radicale autrichienne, il entretient avec l’espace bâti, la ville et ses symboles une relation constante qui irrigue l’ensemble de son travail.

Au cœur de sa démarche se trouvent la question de l’identité, le rôle de l’artiste et la manière dont le corps devient à la fois mesure, langage et terrain de projection. Son œuvre interroge les constructions sociales, les stéréotypes et les récits collectifs. Sa série Trying to Be, initiée en 2000, en est l’un des exemples les plus marquants : en incarnant diverses figures artistiques, historiques ou politiques, Emilio López-Menchero explore les glissements entre soi et l’autre, entre représentation, mémoire et fiction.

En 2000, Jan Hoet, directeur du SMAK à Gant l'invite à l'exposition Over The Edges à intervenir sur un coin de la ville. Il répond à cela en joignant ses propres mains en angle droit et en les ouvrant devant sa bouche et lui propose de lancer le Cri de Tarzan (Johnny Weissmüller) à travers toute la ville! Cette intervention sonore d’Emilio López-Menchero, dans laquelle le hurlement emblématique surgit au cœur de l’espace urbain, vient troubler avec humour et étrangeté, le rythme ordinaire de la ville. Par ce geste aussi simple que percutant, l’artiste transforme l’environnement quotidien en territoire d’attention, de surprise et de décalage. Cette œuvre révèle bien sa manière d’intervenir dans le réel, en utilisant un signe puissant déplaçant notre perception des lieux.

Qu’il intervienne dans l’espace public ou au sein de dispositifs plus intimes, son travail cherche toujours à entrer en friction avec le réel. Plusieurs de ses œuvres urbaines, comme le porte-voix géant intitulé Pasionaria à Bruxelles ou Checkpoint Charlie, témoignent de son intérêt pour les questions politiques, de migration, de frontière, de parole publique et de coexistence au sein de la ville contemporaine.

Inspiré par un rituel napolitaines, des fanions sur des mâts seront conçus comme supports et signes de cette action. Tout au long de sa résidence, dessins et peintures donneront forme au projet. Il mènera des recherches sur l'histoire de Esch, son passé industriel et politique, entre autre au Musée de la Résistance, pour nourrir tout le processus afin de faire "tout" converger.